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Réseaux/Le réseau de suivi des marais de Charente-Maritime

Présentation des marais charentais

Canaux en maraisCanaux en maraisLes marais de Charente-Maritime couvrent 100 000 ha, soit environ 15 % de la surface du département. Ce dernier comporte un réseau hydrographique s’étendant sur 4 000 km. Il se répartit dans les bassins de la Sèvre Niortaise, de la Charente et de ses affluents (Boutonne, Seugne, Antenne), de la Seudre, du Curé et de la Gironde.

Les marais côtiers, issus du comblement d’anciens golfes et isthmes marins comportent plusieurs milliers de kilomètres de canaux et de fossés, au tracé artificiel.

Deux types de marais sont à distinguer :

- les marais salés, couvrant 20 000 ha. Ils sont alimentés par les eaux de mer. Leur paysage et leur fonctionnement découlent de leurs usages : conchyliculture, pisciculture, saliculture, aquaculture nouvelle (vénériculture, pénéiculture).

- Les marais doux, couvrant 80 000 ha. Ils sont alimentés en eaux douce par les rivières et/ou par la pluie (unités totalement endiguées). Ces marais d’altitude relative inférieure au niveau moyen de marée haute sont isolés de la mer par des digues et des ouvrages. Lorsqu’ils sont également isolés des crues fluviales, ces marais sont dits « desséchés ». Lorsqu’ils sont sous la dépendance de celles-ci, ils sont dits « mouillés ».

marais charentaismarais charentaisLe climat que connaissent les marais est fortement contrasté : un fort ensoleillement (2 200 h/an), des températures moyennes élevées du printemps a l’automne (12°C) et une pluviosité accrue avec l’hiver (800 mm annuels).

Les marais doux sont le siège d’une activité agricole et sont situés à l’aval des bassins versants, mais en amont des marais salés. La gestion de l’eau qui transite ou provient de ces marais doux a jusqu’à maintenant été effectuée de manière quantitative, ou seulement vis à vis de la salinité. Désormais, les enjeux environnementaux nécessitent d’observer les impacts de la qualité de l’eau en provenance des bassins versants sur les marais eux-mêmes, mais aussi les impacts des eaux qui transitent vers l’aval à partir de ces marais.

Le réseau de surveillance déployé en Charente-Maritime vise à répondre à ce double objectif en opérant une surveillance de la qualité des eaux afin d’acquérir des connaissances fonctionnelles des eaux en transit. On recherche par ce moyen à estimer l’adéquation entre les usages et la qualité de l’eau qui leur est fournie.

Onglets

Particularités et richesse des sites

En ce qui concerne les richesses biologiques, caractéristiques remarquables, principaux aménagements et projets, problématiques locales, patrimoine historique, il convient de se référer au système d’information du Forum des Marais atlantiques.

Les faits marquants demeurent la richesse avifaunistique exceptionnelle du département, avec différents sites d’hivernages d’oiseaux migrateurs sur les baies et les vasières (fiers d’Ars, baie de l’Aiguillon, vasières de Plaisance et du Courreau d’Oléron…). Il faut noter aussi le classement du fiers d’Ars au patrimoine mondial de l’Unesco.

Les informations officielles disponibles figurent sur le site Internet suivant :
http://natura2000.environnement.gouv.fr/sites/

Usages

Une typologie a été établie afin de distinguer les zones de marais. Elle est établie à partir de critères tel que l’hydromorphie et la salure induite par les infrastructures (doux/desséché, salé/saumâtre), l’activité dominante sur le marais, les relations avec l’urbain, la nature de l’exutoire (littoral, fleuve, canal), le recours à une alimentation en eau de rivière en été et la présence d’activités sensibles à l’exutoire (Source UNIMA).

RéseauRéseau

Menaces

Tous les problèmes identifiés comme sources d’altérations de la santé des zones humide sont rencontrés sur les marais de Charente-Maritime, avec des combinaisons de causes et des pressions d’amplitude très variables.

Ces informations se retrouvent notamment compilées dans les diagnostics de territoires menés dans le cadre des dispositifs Natura 2000. Ceux-ci ne s’étendent toutefois aujourd’hui que sur les marais de l’Île de Ré (fiers d’Ars), le marais poitevin (partie Nord-Aunis) et les marais de Rochefort Nord. Pour les autres zones de marais, il n’existe pas de document synthétique spécifique faisant la synthèse des menaces et atteintes.

Bilan : faible niveau d’information disponible.

Le gestionnaire

La gestion hydraulique des marais de Charente-Maritime est assurée par des associations syndicales de propriétaires (AS, AS Autorisée, AS Forcée) sur les réseaux privés (plus de 80% des linéaires), et par des collectivités et l’Etat pour les réseaux principaux et domaniaux (moins de 20% des linéaires). Ces AS et les syndicats hydrauliques sont fédérés au sein d’un syndicat mixte : l’UNIMA (Union des Marais de la Charente-Maritime).


Présentation générale et historique

Les associations syndicales existent pour certaines depuis le 18 siècle. Elles ont pour mission principale l’assainissement et le dessèchement des marais (une reforme de ces statuts est en cours).

L’UNIMA a été constituée en 1966. Ses compétences sont les suivantes :

- conseils techniques auprès des adhérents ; aide à la conception de règlements d'eau ;
- études hydrauliques et hydrologiques, études et conceptions d'ouvrages hydrauliques et d'unités de dépollution des eaux pluviales ;
- entretien du réseau et des ouvrages grâce à un bureau d'étude et à une régie technique ;
- travaux d'investissement et d'amélioration du réseau hydraulique.
Les 200 structures adhérentes sont pour moitié la totalité des associations syndicales de marais, pour le reste toutes les communes et groupements de communes (syndicats) couvertes ou riveraines de cours d’eau et de zones humides.

Partenaires

l’UNIMA travaille en partenariat avec toute structure maître d’ouvrage.

Rôle dans le suivi et l’amélioration de la qualité des écosystèmes humides

La maîtrise d’ouvrage du suivi des marais de Charente maritime est assurée par l’UNIMA.

Dans le cadre du suivi mis en œuvre sur les marais, l’UNIMA s’est rapprochée des services départementaux et de l’Etat et d’instituts qui déploient leur propre réseau depuis de nombreuses années : DDASS, DDE maritime, IFREMER, DREAL, Agences de l’Eau et Laboratoire Départemental.

Objectifs, actions, projets

L’UNIMA réalise depuis plus de trente ans des actions d’aménagement qui se chiffrent par centaines. La nécessaire prise en compte de la loi sur l’eau dans les projets d’aménagement conduisent dorénavant à effectuer les travaux dans le respect de règles visant à la protection des milieux naturels.

L’UNIMA assure l’approvisionnement en eau des marais pendant l’étiage à partir de réseaux de canaux formant réserve, eux-mêmes alimentés par les rivières.

Des cahiers des charges plus spécifiques ont été élaborés pour pallier le manque de précision des textes de loi et fournir des résultats environnementaux plus en rapport avec les particularités fonctionnelles des marais. C’est ainsi que l’UNIMA, en tant que délégué à la maîtrise d’œuvre de la gestion hydraulique pour ses adhérents, met en œuvre les protocoles d’accords agriculture-conchyliculture en matière d’évacuation des eaux hivernales à la mer. De même, un ensemble de niveaux d’eau de référence ont été établis pour chaque entité et chaque syndicat de marais, que l’UNIMA gère conformément à un accord passé avec l’Etat.

L’UNIMA a également élaboré un cahier des charges détaillé pour les pratiques de curage comportant des préconisations environnementales générales et particulières.

Enfin, la gestion des plantes aquatiques exotiques envahissantes des marais et des cours d’eau fait aussi l’objet d’un ensemble de pratiques élaborées dans une double optique efficacité/respect des milieux aquatique et rivulaires. L’UNIMA applique également des méthodes de génie écologique (génie végétal) en matière de protection et de réfection de berges.