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Les zones humides des milieux maritimes et côtiers

D'après une adaptation de la typologie SDAGE : les zones d’estuaire, les baies et estuaires moyens-plats, les marais et lagunes côtiers

Les zones d'estuaires
Il s'agit des grands estuaires types, l'estuaire de la Loire qui fait partie des 3 grands estuaires français avec la Seine et la Gironde. Ces milieux sont également composés de marais, de lagunes côtières, de prés salés, de prairies humides et de mégaphorbiaies,...

Estuaire du PayréEstuaire du PayréLes baies et les estuaires moyens plats 
Les vasières représentent la partie basse des estuaires, inondée à chaque marée - slikkes, sans végétation apparente, hormis quelques espèces pionnières. Elles sont très fréquentées par les oiseaux migrateurs.

Les prés salés, herbus ou schorres, situés dans la partie haute des estuaires, des baies et recouverts seulement lors des grandes marées, présentent une végétation dense, particulièrement résistante au sel (halophile) et à l’immersion périodique.
Environ 10 000 ha sont répertoriés sur le littoral français. On les rencontre dans les grands estuaires : Seine, Loire et Gironde, mais également dans les baies comme la baie du Mont-Saint-Michel, la baie de Veys, la baie de Bourgneuf, la baie de l’Aiguillon... mais dans toutes les petites baies qui parsèment le littoral.

Ces prés salés sont en extension en raison du comblement actuel des baies par les sédiments, et ce phénomène naturel est accentué par les végétaux, en particulier les spartines (Spartinetum maritimea et SpartinetumTowsendii).





Marais d'Olonne sur Mer (85)Marais d'Olonne sur Mer (85)Les marais et lagunes côtiers

Ces étendues côtières d’eau salée à saumâtre correspondent le long des côtes basses à des zones humides ou des marais côtiers. Pour les lagunes (de 1 à 10 mètres de profondeur et non alimentées en eau par le milieu marin mais par remontées de nappes ou par les eaux douces) les échanges avec la mer se font, soit par un étroit chenal que remonte la marée, soit lorsque la lagune est fermée, par percolation sous un cordon de galets. Parfois, l’apport d’eau de mer ne se produit qu’aux grandes marées (vives-eaux) et/ou lors des tempêtes hivernales. Les apports d’eau douce sont très variables temporellement. Dans tous les cas, l’eau doit, par moment, passer par des phases d’hypersalinité (résultant de son évaporation), condition nécessaire pour que l’on ne soit pas seulement en présence d’un marais saumâtre.


Le plus souvent, les lagunes ont été aménagées par l’Homme et la variabilité porte sur l’état d’entretien des voies de communications avec la mer et sur les activités humaines qui y sont menées (usages à des fins agricoles ou aquacoles, gestion en faveur des oiseaux).


Marais d'OlonneMarais d'Olonne

A l’interface entre les milieux marins et continentaux, un gradient de conditions écologiques lié à la variation de teneur en sel des eaux est à l’origine d’une grande diversité biologique. De plus, ces zones d’échanges, de transferts d’énergie et de matières nutritives sont particulièrement favorables à la reproduction et au développement des organismes vivants. Il en résulte une productivité élevée, révélée par le foisonnement biologique (mollusques, insectes, crustacés, poissons, oiseaux,...) qui caractérise ces sites.


Marais bretonMarais breton

Marais agricoles aménagés

Les marais côtiers, ou littoraux, aménagés ont été réalisés par l’homme sur des terres d’où la mer s’est retirée, ou pris à la mer sur les estrans. Des systèmes de digues ont été construits qui ont délimité d’emblée des ensembles liés à des usages. Ces ensembles ont pu être remaniés au cours de l’histoire en raison de l’évolution de ces usages, qui ont entraîné des modifications du modelé et de la distribution de l’eau.
 
Les marais littoraux aménagés, ou endigués, sont donc des zones humides d’origine anthropique où les niveaux d’eau sont gérés, en fonction de la ressource en eau disponible, par des manœuvres d’ouvrages hydrauliques qui permettent des échanges entre les cours d’eau, chenaux, canaux, étiers, ruissons, crastes, cordes, fossés et autres tronçons linéaires assurant le transport de l’eau, et les unités de gestion (stockage, ou drainage le cas échéant, de l’eau).

Zoom sur les marais et lagunes côtiers

Ces milieux ont, depuis longtemps, été aménagés et sensiblement modifiés par l’Homme : urbanisation, développement d’activités économiques et touristiques. Les lagunes ont fait l’objet d’aménagements traditionnels liés aux propriétés spécifiques de ce type de milieu : extraction de sel, élevage en bassins aquacoles de poissons, d’huîtres, de crevettes,...

Marais de TalmontMarais de Talmont

Si certaines de ces activités sont anciennes ou en renouvellement (saliculture), cet habitat souffre le plus souvent aujourd’hui de déprise. Celle-ci s’accompagne en effet d’un abandon progressif des pratiques qui autorisaient le bon renouvellement des eaux salées. Leur assèchement a aussi permis de gagner des surfaces agricoles (pour la culture ou l’élevage).
 
La préservation des habitats présents sur ces milieux est intimement liée au fonctionnement hydrologique. Elle suppose l’entretien des voies de pénétration de l’eau salée et une qualité satisfaisante des eaux douces qui y transitent.